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Belfort
en thèmes
Le
festival Entrevues de Belfort (jusqu' au 4 décembre
2011) accueille les interprètes des films d'Eric Rohmer
pour lui rendre hommage : Alain Libolt, Rosette, Béatrice
Romand, Amanda Langlet... L'actrice du Rayon vert, Marie Rivière,
viendra elle aussi parler d'un film (La femme de l'aviateur)
mais présentera surtout le sien (Vendredi 2 Décembre
à 14 h), un documentaire qui réunit les images
qu'elle tourna pendant les trois dernières années
de vie du cinéaste et qui raconte leurs rendez-vous
et les visites de sa troupe dans le bureau où il ne
cessa de travailler : En compagnie d'Eric Rohmer, réalisé
avec les moyens du bord sous l'oeil complice de l'intéressé,
est la chronique intime de ce qui peut lier profondément
un auteur et ceux qui l'accompagnent : l'envie de regarder
le monde et ses habitants avec un peu plus d'amour et de curiosité
qu'il n'est permis.
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Marie
Rivière : En compagnie
d'Eric Rohmer
(article
paru le 28/11/2001 dans Univers Ciné/)
par
Philippe Piazzo
f
L'actrice
Marie Rivière, héroïne inoubliable du Rayon vert,
présente un film hommage à Eric Rohmer, qu'elle a
tourné pendant les trois dernières années de
la vie du grand cinéaste. Rendez-vous joyeux pour un film
comme une lettre d'amitié qui devient témoignage d'une
relation exceptionnelle qu'il pouvait entretenir avec ses comédiens....
Son
film s'appelle En
compagnie d'Eric Rohmer. C'était aussi le
nom de la société de production de l'auteur de Ma
nuit chez Maud, Le Genou de Claire ou Les Nuits de
la pleine lune qui, toute sa vie, a construit une oeuvre en
forme de compagnonnage - entre les techniciens, l'équipe
artistique mais aussi entre les arts : le théâtre,
la peinture, la poésie, la littérature ou la philosophie...
tous compagnons de route de films eux-mêmes regroupés
en cycles ( Contes moraux, Comédies et proverbes...), comme
pour s'épauler et se compléter les uns les autres.
Marie
Rivière a fait de même. Elle eut un jour l'envie de
filmer celui à qui elle doit son entrée au cinéma
(dans La Femme de l'aviateur, en 1981). Son film aurait pu
être sur "elle et lui"; c'est plutôt "
nous et lui", comme une ronde autour d'une figure aimée.
Autour d'Eric, Fabrice, Arielle et quelques autres... Et Marie Rivière,
bien sûr, devant parfois et surtout derrière une caméra
dont elle apprend au fur et à mesure à se servir,
offrant à son film une sincérité non pas inattendue
mais fracassante - la même qui donne au Rayon vert une légereté
qui ressemble à de la profondeur et qui serait peut-être
une définition de la grâce.
"Un
film amateur", prévient-elle. Tant mieux. Etymologie
: qui aime. On ne peut mieux qualifier ce film, suite de moments
heureux que l'actrice du Conte d'automne a voulu réunir pour
que reste, après la disparition du cinéaste en janvier
dernier, l'image d'un Rohmer inédit, l'homme plutôt
que l'auteur, depuis longtemps déjà approprié
par les cinéphiles.
Marie
Rivière a donc pris une caméra et appris (tant bien
que mal) à se débrouiller avec. Peu importe la manière
(elle s'en amuse), l'important était d'être là,
à ses côtés. Dans l'intimité du bureau
d'Eric Rohmer, sans parler forcément de son oeuvre. Juste
être avec lui. Evoquer les poèmes, la musique, rassembler
les acteurs, être dans la joie et la surprise. Rohmer, (qui,
dit Marie Rivière, n'a jamais été âgé
et jamais, jamais malade), avait accepté d'être filmé
ainsi par amitié. Encore un mot avec un peu d'amour dedans.
Comme il y en a beaucoup dans ce portrait hors-normes où
passent les ombres d'une vie dédiée à l'art
de vivre et de vivre à travers l'art.
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