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Dans
le foisonnement d'une rentrée théâtrale
qui réserve bien des bonheurs, une étoile scintille.
C'est au sous-sol d'un lieu récemment ouvert, galerie
avec petite salle, espace peu propice à l'exercice
serein de l'art dramatique, autant le dire, mais qui a le
mérite d'autoriser une proximité ici parfaitement
tenue.
Marie Rivière est cette étoile. Elle interprète
un texte de la Québécoise, écrivain bien
connue en France, Carole Fréchette. Et ce texte Dans
la peau d'Elisa est d'une encre profonde, d'une facture originale.
Il ne s'agit pas d'un simple monologue, même si la part
essentielle est celle d'Elisa. Un interlocuteur apparaît
et disparaît, revient, que Jonathan Hume, belle présence
de jeune homme, interprète avec tact et précision.
L'Américaine
Carole Anderson, metteur en scène intelligente et clairvoyante,
a su trouver un bel équilibre, musical et très
discrètement érotique, entre ces deux partitions.
Histoire de solitude, de peur devant le temps qui passe, de
plis qui disent que la jeunesse s'est enfuie et la beauté
peut-être, mais ces plis, attention, ne sont pas les
rides qui creusent les plus beaux visages. Ils sont l'image
de ce qui se ferme et se chiffonne, ce qui noue, ce qui sépare.
Ils sont le signe de la rétractation de l'âme,
aussi, et c'est le secret de la narratrice, il faut lui parler,
s'ouvrir aux autres pour que les plis s'effacent.
Simple, il s'agit d'un moment simple. Quelques chaises alignées
en deux-trois rangs, une pièce en longueur, basse de
plafond, éclairées sommairement. Paraît
Marie Rivière qui chantonne doucement off. Dans un
petit ensemble léger d'été, ballerines
aux pieds. Sans autres fards que les boucles qui encadrent
son visage pur, ses sourires désarmants et son regard
clair et intense. Et puis cette voix. Cette voix si jolie,
teintée pour jamais d'enfance.
Mais
Marie Rivière n'est pas simplement pure présence
et charme. Elle est une actrice. Elle joue. Elle interprète.
Elle maîtrise l'émotivité que traduisent
les mots, elle tient à distance ce qu'il pourrait y
avoir de pathétique dans ce récit, ses aveux,
ces histoires. Elle est Marie des esprits qui de brèves
épiphanie fait récits mythologiques. Elle est
drôle, en plus. Elle n'oublie jamais les sourires et
les rires d'Elisa.
Rarement on a vu Carole Fréchette aussi bien traduite.
L'accord de l'équipe artistique est remarquable et,
à la fin, off, on entend la voix de l'écrivain,
qui explique en quelles circonstances elle a donnée
vie et mots à Elisa.
C'est très beau.
A l'ARTicle, 41, rue Volta, 75003 Paris.
Le vendredi à 19h30 précises.
Le 30 septembre, les 7, 14, 21, 28 octobre ; 4, 11 ,18 et
25 novembre. ; 2, 9 et 16 décembre
Tél : 01.42.78.38.64. ou
resa@larticle.com.
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